Semaine banalisée sur le souvenir

Semaine autour du souvenir !

La question du souvenir, de la mémoire, de ce que l’on retient, de ce qui nous marque, de ce qu’on oublie questionne de nombreux artistes. Qu’est-ce que le souvenir ? De quel souvenir parle-t-on : du souvenir personnel ou universel, historique ou intime ?
Quels souvenirs partage-t-on ? Qu’est-ce qui fait sens pour l’autre quand je raconte mes
souvenirs, quel écho y trouve-t-il ?

 

Ce sont les questionnements qui nous ont traversés tout au long de cette semaine banalisée. D’abord le lundi avec les apports théoriques et présentations d’oeuvres de Perec et Boltanski notamment. Cette matinée a été source de questionnements chez les stagiaires : beaucoup de remarques sur le fonctionnement de la mémoire et surtout des « faux souvenirs », ceux qui se fabriquent avec les récits de l’entourage et les traces qu’on nous montre. Le groupe a été très sensible aux vidéos à contenu scientifique, plus hermétique aux différentes créations plastiques découvertes.

Le choix proposé était sciemment déroutant. Je souhaitais les ouvrir à l’étendue du thème et de ses possibilités. L’accent était mis sur la dimension commune, universelle du souvenir et les mises en gardes par rapport à l’exposition de son intimité. Définir ses limites, ce qu’on est prêt à montrer, ce qui est racontable… est un travail qui nous a guidé toute cette semaine.

Le mardi matin, après un temps de travail collectif pour activer la mémoire, chacun a commencé à travailler sur son projet personnel : choix du souvenir et du support. L’enjeu a été rappelé : proposer une création personnelle, réalisée en un temps très court. L’objectif n’est pas que ce soit parfait mais de réfléchir à ses compétences, appétences artistiques et à ce qu’implique de parler de soi. Il était nécessaire que chacun connaisse ses limites et se fixe un objectif réalisable.

Nous retrouver le jeudi a permis à chacun de laisser reposer ses idées et de s’interroger sur ce qu’il est prêt à livrer.

La notion de partage d’informations personnelles et intimes est revenue avec tous. Le message à délivrer était pour certains plus important que la préservation de leur vécu, à l’image de Boltanski et Perec. Pour d’autres, choisir un souvenir et une forme d’expression qui permet de se mettre à distance a été nécessaire pour arriver au bout de l’exercice. Tous ont compris que la résonnance avec le vécu des auditeurs était importante, et qu’il fallait s’y préparer.

Le vendredi, a été consacré au travail individuel afin d’être prêts pour la restitution de l’après-midi. Chacun s’est impliqué au mieux. Parfois avec toutes les barrières qu’entraine l’enjeu d’une présentation publique. Se dévoiler est une marque de confiance en l’autre mais aussi en soit. La restitution s’est déroulée sous le regard et l’écoute bienveillants des autres stagiaires et des formateurs. L’implication de chacun a pu se mesurer à la teneur de leur proposition. Les échanges qui ont suivis ont été riches d’empathie. Cette semaine fût une expérience inédite pour le groupe que j’ai accompagné, une présentation déroutante pour les stagiaires spectateurs.

Merci à tous pour leur participation, leur écoute, leur implication et leur confiance.

Tatiana Morin / Les Productions de Georges

Interview par Quentin Liénart

Tatiana des Productions de Georges

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